12 bonnes pratiques pour prendre soin de la santé des employés

Dernière mise à jour : 12 mars

En 2022, le bien-être des employés sera (encore) un enjeu prioritaire pour les employeurs.


Avec la nouvelle normalité amenée par le télétravail, l’augmentation de la charge de travail, la fatigue généralisée dûe à la succession des variants de COVID-19 ou encore les craintes d’inflation économique, les travailleurs québécois sont exténués. Un sondage du cabinet de recrutement Robert Half révèle qu’en 2020, près d’un tiers des travailleurs québécois se sont sentis épuisés.


Les dépenses liées aux problèmes de santé mentale en milieu de travail deviennent quant à elles faramineuses. En 2019, une étude de Deloitte révélait que leur coût s'élevait à au moins 50 milliards de dollars annuels! Dans ce contexte, les employeurs doivent se doter de stratégies (en s’inspirant par exemple de la Norme nationale du Canada pour la santé psychologique et la sécurité au travail) pour identifier les risques de dégradation de la santé mentale des troupes, de mettre en place des mesures correctives et si nécessaire diriger rapidement les personnes vulnérables vers les ressources adéquates.


Afin de limiter le risque d’épuisement professionnel chez vos employés, nous vous proposons quelques conseils pour vous aider à protéger leur santé mentale, physique et financière.


1. Mettre une stratégie en place pour prévenir plutôt que guérir

Assurer aux employés un milieu de travail sain et sécuritaire fait partie des responsabilités des employeurs. De la même manière que l’on met en place des mesures pour limiter les blessures physiques, il est tout aussi nécessaire de mettre en place des mesures pour protéger la santé mentale de ses collaborateurs.


2. Mesurer l’état du bien-être de vos employés

Pour prendre soin de ses employés, il faut commencer par savoir comment ils vont. Pour ce faire, il pourrait être intéressant de les sonder à certaines périodes critiques de l’année afin de comprendre où ils se situent face à divers enjeux (niveau de stress, de bonheur, sentiment de reconnaissance, charge de travail, etc…).


Gardez à l’esprit que vos questions devront être formulées de manière à pouvoir tirer des conclusions et mettre en place des actions. Également le ton de ces questions ainsi que la communication autour du sondage devront être travaillés pour être perçus positivement par les employés. Puisque l’exercice peut être délicat (surtout dans le cas où l’on pose des questions plus personnelles), nous vous suggérons fortement de faire appel à une firme externe. Cela garantira la confidentialité des réponses et une impartialité dans l’interprétation des données. En fonction des résultats, il vous sera possible de mettre en place des mesures adaptées pour répondre aux besoins de vos employés.


3. Mettre à jour ou bonifier les avantages sociaux

Vous pourriez choisir d’ajouter des options aux avantages sociaux pour répondre aux besoins spécifiques de vos employés. Ceci pourrait vous amener à permettre de personnaliser le programme d’avantages sociaux, à bonifier le régime d’assurance maladie et/ou à offrir de nouveaux services. On peut, par exemple, imaginer un régime d’assurance collective modulaire permettant aux employés de maximiser leurs soins de santé en fonction de leurs propres besoins, ou encore ajouter le remboursement des soins de psychothérapie.


4. S’appuyer sur des ressources en ligne

Manque de temps, peur du jugement ou méconnaissance des aides disponibles sont autant de raisons expliquant pourquoi les travailleurs tardent à prendre soin d’eux.


Les gouvernements fédéral et provincial offrent des ressources en ligne sur une multitude de sujets, gratuites et accessibles à tous (par exemple: WellnessTogether.ca ; Réseau Avant de craquer). Ces sites web sont une bonne porte d’entrée pour se renseigner et trouver de l’aide. Les services en ligne offrent des solutions particulièrement adaptées aux besoins des travailleurs modernes par leur facilité d'utilisation et l’anonymat qu’ils procurent.


Pour la télémédecine, l’application montréalaise Dialogue permet d’échanger avec des professionnels de la santé et se faire prescrire des médicaments, et ce, sans se déplacer. Dialogue offre également un programme de gestion du stress, tout comme MindBeacon. Ces outils pourraient être remboursés sur présentation d’un reçu, directement payés par l’employeur ou offerts dans le package du Programme d’Aide aux Employés (PAE) de l’entreprise.

5. Disposer d’un PAE offrant une prise en charge rapide

Au-delà de lister des ressources disponibles, plusieurs PAE (programmes d’aide aux employés) offrent des rendez-vous en présentiel, au téléphone et même par clavardage. Pour l’employeur, il est important de communiquer fréquemment l'existence du PAE et de s'assurer que les gestionnaires savent quand et comment recommander aux employés d'appeler. En effet, ce sont souvent eux qui constatent l'épuisement de leurs collaborateurs (baisse d’énergie, de productivité, irritabilité ou manque de concentration).


6. Former les gestionnaires

L’épuisement professionnel n’apparaît pas subitement. L’employé qui en est affligé ressentira pendant plusieurs jours, (voire des semaines et des mois) une baisse de son moral, de la fatigue, de la colère ou de la frustration.


Les gestionnaires doivent apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs de l’épuisement professionnel pour le prévenir avant qu’il ne s’installe, et les symptômes pour intervenir lorsqu’il est présent. De la même manière que l’on se forme à gérer un AVC, il faut se former à identifier les changements d’attitude précurseurs d’un épuisement. Cela passe par la connaissance des symptômes du burn-out, l’apprentissage de méthodes pour en parler avec l’employé ou le collègue épuisé, ou encore la remise en question de son propre style de gestion pouvant générer des situations blessantes ou aggraver la baisse de moral des employés.


7. Encourager des méthodes de travail flexibles

Le stress et l’augmentation de la charge de travail ont un impact significatif sur la santé des travailleurs. Par des mesures flexibles assez simples à mettre en place (horaires souples, non-obligation d’ouvrir la caméra lors de réunions « Zoom », accent mis sur les résultats plutôt que sur les tâches), il est possible de baisser le niveau d’anxiété des travailleurs tout en leur donnant le temps et la latitude nécessaires pour mener de front leur vie professionnelle et personnelle.


8. Offrir de l’information sur la santé financière

Sous-estimée, la santé financière joue pourtant un rôle critique dans le bien-être général des travailleurs et peut donc impacter le bien-être de l’entreprise.


En effet, un employé préoccupé par des problèmes d’ordre financier perd en concentration et en productivité, ce qui peut retarder les objectifs de l’entreprise ou même mettre en danger le personnel (par exemple sur une chaîne de montage). Avec près de 40 % de Canadiens déclarant se sentir accablés par l’endettement, les employeurs peuvent agir pour encourager un comportement financier responsable en organisant des webinaires sur divers sujets liés aux finances (placements, planification successorale, REER, CELI) ou en invitant ceux qui le désirent à rencontrer un conseiller financier.


Il existe même un OBNL, Code F, qui offre des services de coaching financier en entreprise. La différence avec des planificateurs financiers? Ce sont des salariés indépendants, qui ne vendent aucun service et ne sont rattachés à aucune banque 🙃


9. Encourager la pratique d’une activité physique

Nos modes de travail impliquent de passer de longues heures assis devant un écran et favorisent déjà un mode de vie fortement sédentaire. Alors pourquoi ne pas intégrer l’activité physique dans les journées de travail? Au bureau, pourquoi ne pas offrir la possibilité de participer à des cours (en s’assurant que ceux-ci soient accessibles à tous?) Et pour promouvoir l’activité en dehors du bureau, les entreprises peuvent offrir des abonnements dans des centres de conditionnement physique ou à des cours en ligne. En plus de créer du lien social, la pratique d’une activité physique améliore l’humeur par la sécrétion de sérotonine (hormone du bien-être) et permet de décompresser!


10. Provoquer des occasions de contacts sociaux

Pour certains employés, le bureau constitue l’un (sinon le seul) des principaux lieux de socialisation. En être privé peut donc générer un sentiment d’isolement et de solitude ; lequel peut mener à de la dépréciation de soi, du découragement, voire une déprime pouvant dégénérer en dépression. L’être humain étant un « animal social », il ne faut pas manquer les occasions de créer des événements pour se réunir. En distanciel, vous pouvez essayer de recréer les dîners de cafétéria ou les 5@7 du jeudi soir mais en ligne. Ça ne remplacera pas « le vrai truc », mais ça peut aider au moral. Seul mot d’ordre, on évite de parler travail!


11. Faire preuve de bienveillance

Buzzword à la mode, la bienveillance est néanmoins une attitude qui peut grandement contribuer au bien-être des équipes de travail. Et qui dit équipe heureuse, dit équipe plus productive! Pour cultiver la bienveillance au travail, soyez polis, encouragez une communication claire et constructive, favorisez l'entraide et respectez le temps et le travail de l’autre. N’oubliez pas toutefois qu’être bienveillant ne se limite pas à être « gentil »! Dire les vrais choses, être authentique… c’est aussi ça être bienveillant.


12. Communiquer régulièrement

Dans la continuité du point précédent, l’importance de communiquer régulièrement avec vos collaborateurs se doit d’être soulignée. Que ce soit pour les informer de la santé de l'entreprise, des nouvelles mesures sanitaires en place ou des plans envisagés pour le retour au travail, se montrer transparent dans la communication permet de réduire le sentiment d’impuissance des travailleurs tout en augmentant la solidarité et la loyauté.


Rappelons, pour conclure, qu’une organisation est performante grâce aux travailleurs qui la composent...et qu’elle le sera d’autant plus si ces derniers sont en bonne santé. Les employés dont on prend soin augmentent généralement leur participation, leur satisfaction et leur productivité au travail. Dans le contexte de crise de main d’oeuvre actuel, cela est un atout encore plus important pour attirer de nouveaux talents et pour mobiliser les collaborateurs actuels.



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